L’association a tenu une conférence de presse le 4 juin. Intervention introductive:
Madame N. Morano a annoncé la publication «imminente» du décret sur les établissements d’accueil collectif (les EAJE).
Le gouvernement est pourtant seul contre tout le monde de la petite enfance
Ce que Madame Morano dit:
Nous ne touchons pas les taux encadrement d’un adulte pour 5 enfants qui ne marchent pas et d’un pour 8 enfants qui marchent.
Nous voulons optimiser le taux occupation des établissements pour le porter de 67% à 100%.
Nous allons permettre de recruter plus de personnels titulaires du CAP petite enfance car il y a une pénurie de professionnels qualifiés.
Nous allons créer 100 000 places nouvelles en accueil collectif.
Ce qu’elle ne dit pas:
On peut craindre la transformation à terme des grandes sections de crèches en jardins d’éveil avec un taux d’encadrement dégradé à 1 pour 12 pour tous les 2-3 ans.
Alors qu’il faudrait en former 10 000 par an pour faire face aux besoins de créations de places en accueil collectif.
En outre il y a déjà des personnels titulaires du CAP petite enfance qui exercent au sein d’équipes pluridisciplinaires dans les EAJE, mais avec la diminution des effectifs formés pour les métiers plus qualifiés, leur l’horizon de promotion professionnelle ne peut que s’obscurcir.
Pourtant, des documents du ministère de l’éducation nationale (schéma d’emplois 2011-2013), récemment dévoilés, montrent la décision gouvernementale de réduire à la portion congrue cette scolarisation des 2-3 ans en maternelle.
Face aux arguments du gouvernement, il est aussi instructif de rappeler qu’au Danemark les taux d’encadrement des 0-3 ans sont d’1 adulte pour 3 enfants et en Suède d’1 pour 3 à 1 pour 5 et qu’au Danemark tous les professionnels dans les établissements d’accueil de la petite enfance bénéficient au minimum de 3 ans½ d’études post bac dans ce domaine.
Nous affirmons avec gravité que:
Tout le monde de la petite enfance aura averti unanimement le gouvernement sur les conséquences néfastes des mesures annoncées pour la sécurité affective et matérielle des enfants et sur les risques pour les conditions de travail et les pratiques professionnelles.
Les plus hautes autorités sont dûment averties, elles seront donc pleinement responsables des conséquences de cette politique.
A cet égard il est paradoxal et déplorable d’entendre Madame Morano expliquer que notre système d’accueil nous protège d’accidents et de mauvais traitements relatés dans un EAJE en Italie, au moment même où le gouvernement crée les conditions pour que de telles situations surviennent demain en France.
Notre mobilisation ne se relâchera pas:
Pour mémoire, le gouvernement a fait preuve jusqu’ici d’une absence totale de réel dialogue. Nous n’avons été reçus qu’une fois ès qualité en 2010, pour une séance s’apparentant plus à une explication de texte, qu’à la volonté d’engager une négociation. Et lorsque nous avons porté le 20 mai des biberons remplis messages au président de
Le plan d’urgence que nous réclamons, c’est en premier lieu un plan massif de formation de professionnels les plus qualifiés qui peut donner des résultats probants en 3 ans si on ouvre les 10 000 places nécessaires par an, et permettre la promotion professionnelle de nombreuses personnes titulaires de CAP petite enfance.
Donc, même si le gouvernement devait passer en force sur le décret, dès maintenant nous appelons les professionnels et les parents à se tourner vers les élus locaux, gestionnaires des EAJE et les autres responsables associatifs et privés de structures pour qu’ils prennent position contre les mesures du décret et qu’ils s’engagent à ne pas appliquer les taux d’accueil en surnombre, la modification du ratio de personnels les plus qualifiés, la mise en place des jardins d’éveil.
Nous proposons à toutes les équipes d’EAJE et aux familles de demander en juin des entrevues aux gestionnaires et d’organiser, selon la formule que chaque mobilisation locale choisira, des rassemblements auprès de ces gestionnaires à cet effet.
Nous publierons les réponses des gestionnaires sur le site «pas de bébés à la consigne».
Le collectif annoncera d’autres initiatives dans les prochains jours.


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