Gennevilliers: Expulsés du 133, Marcel Paul : de la solidarité aux manœuvres politiciennes
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Un tract distribué ce week-end et attribué à Alternative Citoyenne Gennevilliers (ACG), Association des Travailleurs Maghrébins de France – Section Gennevilliers (ATMF), Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Droit au Toit, Monseigneur Gaillot, Gennevilliers Pour Tous (GPT), Ville Univers, Le Militant,… sous couvert de solidarité avec les expulsés du 133 avenue Marcel Paul, met le paquet contre la Ville.

A sa lecture, on pourrait croire que la Ville de Gennevilliers, et ses élus, sont responsables de la situation faites à ces familles…. 
Depuis, un communiqué des organisations « Le Militant, Alternative Citoyenne Gennevilliers (ACG), Droit au Toit, Gennevilliers pour Tous, Ville-Univers » rectifie « les propos que nous n'approuvons pas et qui sont contenus dans le tract présenté comme cosigné par nous sans avoir eu notre accord ».

Visiblement, nous passons de la légitime solidarité avec des familles expulsées aux sombres manœuvres politiciennes locales.

Il faut donc rappeler les faits. Je reprends les termes d’un communiqué de la ville de Gennevilliers du 7 mai :
« Le 8 avril, sur ordre de l’Etat, l’immeuble du 133 rue Marcel Paul, propriété d’EDF, squatté depuis 2004 a été évacué sur ordonnance d’expulsion délivrée par le Tribunal de Grande Instance de Nanterre le 19 janvier 2005.

La Ville de Gennevilliers n’a eu de cesse d’interpeller EDF, propriétaire de cet immeuble, sur ses responsabilités quant à la situation inadmissible qu’il a créée en acceptant le transfert de personnes évacuées d’un squat situé à Paris à la demande de l’Etat.

Le 8 avril, dès que nous avons eu connaissance de la décision d’évacuation, nous avons veillé auprès du représentant de l’Etat à ce qu’il ne soit procédé à aucune arrestation de personnes sans-papiers, ce qui a été obtenu, et lui avons demandé, ainsi qu’à EDF, la mise en place de solutions d’hébergement pour chaque occupant.  C’est la réinstallation en d’autres lieux du domaine public qui a donné lieu à des interpellations pour lesquelles nous sommes de nouveau intervenus.
»

Le 12 avril comme je l’indiquais alors sur mon site
: « J'ai passé mon dimanche après midi, avec quelques militants du DAL, du NPA, de la FASE, du PCF, de l'ATMF, du collectif gennevillois de soutien aux sans papiers, devant le commissariat de Gennevilliers pour demander la libération de 8 sans papiers arrêtés le matin même par la police sur le campement du 133 avenue Marcel Paul. » J’étais en lien téléphonique avec Jacques Bourgoin et Roland Muzeau, et ceux-ci intervenaient pour la libération des sans papiers. Voir courrier de Roland Muzeau.

Le lundi 13 avril j’ai envoyé un courrier au Préfet des Hauts-de-Seine pour demander  à « Monsieur le Préfet, de bien vouloir répondre favorablement à la demande des familles soutenues par le DAL d’organisation d’une table ronde avec GDF-SUEZ, le département des Hauts-de-Seine et la Préfecture pour organiser le relogement des expulsés. »

Comme le bruit courrait déjà  à l’époque (et continue de courir), j’ai demandé ce qu’il en était à Jacques Bourgoin de cette affirmation « la mairie à refusé de scolariser les enfants » ? Le maire m’a répondu, « c’est faux, d’ailleurs ce serait illégal » ! A partir de mon expérience, je fais confiance à Jacques Bourgoin plutôt qu’à la rumeur.

Depuis, les expulsés, poursuivent leur action avec le DAL pour obtenir leur relogement. Ils « campaient » au bout de l’avenue de la Libération jusqu’au 5 mai ou les CRS ont procédé à leur évacuation. Là encore, le tract du comité de soutien laisse entendre que cela s’est fait « avec le concours des services techniques de la Ville » alors qu’en fait de concours ceux-ci ont été réquisitionné par le Préfet ce qui n’est pas la même chose. Mais bon, puisqu’il s’agit surtout de pointer du doigt la Ville, c’est plus efficace comme présentation !!!

Ne trouvez-vous pas un petit coté politicien, insidieux et insistant, a vouloir faire porter la responsabilité de cette situation sur la ville ?

A une amie, soutenant les expulsés, qui m’envoie le message suivant "on gueule comme on l'aurait fait si nous vivions ailleurs que dans une ville communiste,". Je lui réponds que c’est peut-être là le problème. Non pas sur le principe de la ville communiste (qui n’est pas sans défaut), mais sur la réalité des faits et de la gestion.  Gennevilliers n’est pas une ville comme les autres, surtout sur la question du logement. Pour cela, on ne peut pas ne pas prendre en compte qu’ici

  • il y a  64% de logements sociaux,
  • qu’ici la résorption du logement insalubre se fait en relogeant les gens ici,
  • qu’ici ont se bat pour que toutes les villes aient plus de 20% de logements sociaux,
  • qu’ici on refuse de vendre le logement social,
  • qu’ici on a décidé de construire la ville avec la population et non de la déporter comme à Levallois,
  • qu'ici on agit réellement sur le terrain et dans les instances élues pour le droit au logement pour tous…


Ainsi, je pense qu’il faut être solidaire des personnes expulsées (et je préfère les personnes solidaires qui se trompent honnêtement de cibles que les gens indifférents) en essayant d’avoir une solidarité efficace et utile pour toutes les personnes en difficultés. Eviter les manœuvres politiciennes pourrait permettre d’éviter d'emmener les personnes en difficulté à l'échec dans leur lutte en les dirigeants vers une mauvaise cible.

Peut-on croire sincèrement qu'ancrer la lutte sur le relogement de ces personnes sur la ville de Gennevilliers gène le Préfet? L’État? La droite? Cela permettra-t-il de trouver une solution ? De mettre la pression sur les représentants de l’Etat pour trouver cette solution?

Je ne le crois pas un seul instant car c'est justement ici que le Préfet, les services sociaux de Paris et départements voisins, via des bâtiments comme celui d'EDF ou les Hôtels sur la ville relogent provisoirement les personnes expulsées d'ailleurs, les abandonnant ensuite. L’histoire même du 133 rue Marcel Paul le démontre.

Je continuerai donc à agir avec la Municipalité pour « que le Droit au logement pour tous soit mis en œuvre par l’Etat, par la réquisition et par l’attribution de logements sociaux pérennes dans les villes ne participant pas à l’effort de solidarité en matière de logement. »  Je ré interviens auprès du Préfet des Hauts-de-Seine pour qu’il réponde favorablement à la demande des familles soutenues par le DAL d’organisation d’une table ronde avec GDF-SUEZ, le département des Hauts-de-Seine et la Préfecture des Hauts-de-Seine pour organiser le relogement des expulsés. Ce que le Préfet a été capable d’organiser dans une situation similaire à Villeneuve-la-Garenne – (maire UMP) il devrait pouvoir le faire pour Gennevilliers : trouver des solutions de relogement!



Commentaires
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AMACKER Josiane   |2010-05-10 08:48:10
Merci pour cette mise au point, cet évènement a été évoqué samedi sur le marché de printemps et personne ne supporte les attaques contre la Municipalité à chaque fois que des expulsions sans relogement sont effectuées par la préfecture. On se souvient de l'épisode des travailleurs africains relogés par le Maire de leur ville (Puteaux ?) aux Grésillons dans un immeuble insalubre. A charge ensuite pour Gennevilliers de prendre en charge la situation. Ton article est clair et donne une information complète. Je pense toujours que la Voix Populaire nous manque beaucoup. Bonne journée. Josiane
LANDRAIN  - merci de cette mise au point     |2010-05-10 17:25:17
Bien sûr, ce n'est pas à la ville de Gennevilliers de réparer les dégats de la politique catastrophique de l'Etat et du département notamment en matière de logement social. Ceux qui brouillent les repères ne rendent service ni à ces expulsés ni aux autres demandeurs de logement !
Ton dernier paragraphe montre qu'il faut rester déterminés pour exiger du préfet qu'il réponde à la demande des expulsés notamment d'une table ronde avec GDF-Suez, le Conseil général, le représentant de l'Etat. Ce n'est pas par la provocation et la repression qu'une solution humaine sera trouvée.
Alain Bertho  - Ce sont des habitants comme les autres     |2010-05-12 08:27:16
Patrice, je ne te suis pas jusqu'au bout. IL y a une question de fond qui se pose partout. Les gens qui habitent une ville, quel que soit leur statut, font-ils partie de la ville ? Si la réponse est oui, alors il ne s'agit pas de se disputer sur qui est responsable ou qui va reloger la patate chaude. Il s'agit de les reconnaitre et de les traiter comme n'importe quel habitant, qui plus est exclu du droit au logement. ça leur fait une belle jambe aux gens qui sont à la rue de savoir tous les efforts que fait la municipalité en matière de logement s'ils en sont aussi exclus...
patrice  - pour ALain   |2010-05-12 22:35:49
Bonjour Alain,
J'espère que tu vas bien. Je partage ton point de vue "ça leur fait une belle jambe aux gens qui sont à la rue de savoir tous les efforts que fait la municipalité en matière de logement s'ils en sont aussi exclus." Tout comme mon point de vu ou le tien leur fait une belle jambe tant que leur problème n'est pas réglé. Tout comme quelqu'un qui a fait se fout du fait que c'est à cause d'une mauvaise répoartition des richesses, il veut d'abord du pain...

Tout cela est vrai, et justifie donc la lutte de ces personnes pour faire respecter leur droit.
Mais cela n'empêche pas non plus d'avoir un point de vu de gestionnaire, que je ne te demande pas de défendre mais de comprendre. (je suis un adepte de M.Benassayag sur les pouvoirs, les contre pouvoirs, l'éloge du conflit)

Pour en revenir à ton avis, le problème n'est pas de savoir si des gens qui habitent une ville ont seuls le droit au logement. Il y a plus de 20 ans, avant d'habiter Gennevilliers,
j'habitais Rueil Malmaison, le problème n'est donc pas d'être ou de ne pas être de la ville. La question qui est posé pour "le gestionnaire" de la ville, position que j'assume, c'est que nous avons un programme municipal, élaboré et adopté avec les habitants, qui vise à ne pas réduire le nombre de logement sociaux dans la ville (64%) pour répondre aux besoins de changements de logement, de décohabitation, de diversifié les logements pour assurer des parcours résidentiels dans la ville, de résorber l'habitat insalubre (400). Tout cela dans un contexte ou la pression sur la demande de logement se fait très forte car ailleurs il y a peu ou pas de construction de logements sociaux (tu connais). Il s'agit donc pour nous de contribuer à répondre aux besoins. Et je peux là aussi t'assurer que le jeune décohabitant, ou le couple qui vient d'avoir un enfant se fout de notre politique qui vise à résorber l'habitat insalubre si on ne lui attribue pas le logement
auquel il a aussi droit!

Dans cette situation l'Etat, co-responsable du manque de logement avec les élus locaux qui ne construisent pas de PLA, en rajoute une couche, en accompagnement la déportation des couches populaires de Paris et la proche banlieue en favorisant des squats dans notre ville, en remplissant les hôtels (normalement de tourisme) de la ville via les services sociaux. Chacune de ces personnes étant légitimement prioritaire dans leur demande, ) chaque fois que tu reloges une personnes d'un hôtel, ou d'un logement insalubre, elle est immédiatement remplacée par une autre demandeuse de logement (d'ou notre politique de ne reloger que lorsque le logement insalubre est détruit - c'est dure pour les personnes, c'est indispensable pour tarir les sources d'enrichissement sur le manque de logement).
Si nous acceptons de rentrer dans le jeu du représentant de l'Etat comme tu le préconises de fait, non seulement cela ne pourra pas se faire longtemps, mais cela
empêchera les décohabitations des jeunes de la villes (déjà difficiles) ou les parcours résidentielles, le traitement des logements insalubres sur la ville sera impossible, et surtout cela encouragera le Préfet à continuer sur sa stratégie: aggraver la situation et l'augmentation de la demande sur notre ville.
A Villeneuve la Garenne, ville voisine de droite, sur un même dossier, le Préfet à géré avec ses réservations de logement le relogement des squatters dans les autres villes du département. Il a pris ses responsabilités et a réglé la situation des personnes. Tu le vois mon discours, ne vise pas à se repasser la patate chaude mais à monter le niveau des luttes sur le droit au logement en direction des responsables de la situation l'Etat et les maires qui ne construisent pas ! Je ne souhaite pas une impasse de ces luttes sur la ville (qui deviennent contre la ville) ou les patates chaudes refroidissent dans l'indifférence générale et les personnes ne sont pas
relogées.
isabelle guichard   |2010-05-13 17:21:45
Personne, parmi les expulsés ou leurs soutiens, n'a jamais dit que la ville devait reloger les expulsés

ce qui est demandé à la ville depuis le début :
• soutien pour obtenir une table ronde avec GDF-SUEZ (propriétaire de
l’immeuble), le Département des Hauts-de-Seine
et la Préfecture, les villes environnantes afin que des propositions de relogement soient faites ;
• une aide matérielle ;
• ouverture d’un local pour les héberger jusqu’à ce qu’il y ait une solution.

ces propositions sont dans tous les tracts de soutien , si tu souhaites les publier sur ton site, je te les envoie.

« opération politicienne » ? de qui de quoi ? plutôt un rideau de fumée déployé par la direction municipale pour ne pas répondre à la seule question : pourquoi elle ne répond pas à la demande de solidarité (voir les 3 points ci-dessus) ? ça me rappelle la grande époque des invectives genre « anarchiste allemand » ou « gauchistes marcellin »

1 mois sans aller voir
les expulsés ; étage 01 de la mairie fermé dès le 8 avril jour de l'expulsion, salles de réunion fermées, refus de rdv jusqu'au 6 mai (rdv prévu avant la 3e expulsion par le préfet)
Pourquoi ? parce que ce ne sont pas de « vrais » gennevillois ? parce que c’est un squat installé par (selon les versions successives) la préfecture de région, la préfecture de police, l’Etat ? ; et c’est faux, la réalité – et tu la connais – devant le manque criant de logements et les discriminations racistes, beaucoup de gens sont contraints d’occuper les locaux vides.
Et le premier scandale, c’est ça, c'est un immeuble laissé vide pendant des années, pour opération immobilière de bureaux, c’est qu’on vire des gens sans rien leur proposer, c’est qu’on démolisse des logements

ça n'a pas plu que le tract du comité de soutien parle des services de la ville qui ont nettoyé les lieux : on a vu le karcher et la benne - avec une grosse pince pour tout soulever
comme des ordures, et c'était pénible - y compris pour les employés dont certains sont venus ensuite voir les familles. Réquisition par le préfet, nous dit-on. Mais depuis quand un maire ne peut pas refuser un ordre injuste – et le faire savoir : il aurait été soutenu par la population
rappelons aussi que ça vient après des contraventions dressées pour dépôt de déchets sur la voie publique , pas besoin de commentaires sur l'humiliation vécue par ces gens

mais ce dont nous avons besoin, nous les exploités, c'est d'être tous ensemble, pour arrêter tous les projets destructeurs du gouvernement et pour améliorer ce qui existe encore - alors cherchons d'abord ce qui nous unit – il est toujours temps que nous nous battions ensemble face à la préfecture pour le relogement, que toutes les forces politiques, associatives et la ville manifestent leur soutien et qu’une aide matérielle leur soit fournie, ainsi qu’un hébergement provisoire.
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Permanences Gennevilliers

Avant, pendant et après les élections je continue d’aller sur le terrain. Vous pourrez me rencontrer à Gennevilliers*:


Jeudi 5 janvier de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Louise Michel

Dimanche 17 décembre de 11h à 12h au marché du Village

Dimanche 8 janvier de 11h à 12h au marché du Village


Jeud 12 janvier de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle H.Wallon

 

Dimanche 15 janvier de 11h à 12h au marché du Village

Jeudi 19 janvier de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Joliot Curie

Dimanche 22 janvier de 11h à 12h au marché du Village

Jeudi 26 janvier de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Analtole France

Dimanche 29 janvier de 11h à 12h au marché du Village


Jeudi 2 février de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Louise Michel

Dimanche 5 février de 11h à 12h au marché du Village

Jeudi 9 février de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Grésillons

 

Dimanche 12 février de 11h à 12h au marché du Village

 

Jeudi 16 février de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle Louise Michel

 

Jeudi 8 mars de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle B.Morisot

 

Dimanche 11 mars de 11h à 12h au marché du Village


Jeudi 15 mars de 8h10 à 8h30 devant l’école maternelle H.Wallon

 

Dimanche 18 mars de 11h à 12h au marché du Village

* sauf intempéries et grèves

 

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