Lundi 20 juin 2016, j'ai présenté le projet NPRU du quartier des Agnettes à l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine, en présence du Préfet des Hauts-de Seine, du maire d'Asnières et de la présidente du Territoire. Nous aurons la réponse sur notre projet dans les prochains jours.

 

 

 

 


Pour la Ville de Gennevilliers, ce dossier de requalification urbaine est un dossier prioritaire. C’est un enjeu social. Nous le faisons pour et avec les personnes qui habitent ce quartier. Nous le faisons pour développer la fierté, l’estime de soi, la dignité de ces femmes, ces hommes, ces jeunes des milieux populaires.
Nous le faisons pour que ce quartier redevienne attractif.

Nous visons à répondre à 2 principaux enjeux:
- un enjeu humain et social
- Un enjeu urbain, environnemental et de développement de la Ville

Le tout sur le fond d’un pari politique de notre municipalité : développer une ville belle, dynamique et populaire dans la métropole du Grand Paris. Nous voulons faire la démonstration, que dans notre métropole il est possible d’embellir une ville, d’y vivre bien, d’y travailler, sans chasser les habitants qui y habitent aujourd’hui.

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Notre projet répond à la demande sociale.
C’est un quartier qui connaît une paupérisation importante et qui a une des populations les plus pauvres d’Ile-de-France. Il vit une forme de déclassement : paupérisation de la population, aucune évolution de la forme urbaine, disparition du commerce de proximité et des dynamiques associatives, cumul de difficultés sociales… Cela génère un sentiment d’abandon des pouvoirs publics.

La demande est forte pour que la ville, l’Etat, et les pouvoirs publics s’occupent de ce quartier et de ses habitants.

Nous entendons, ressentons depuis 2011 où nous avons mis en place un débat public et organisé des réunions avec la population pour travailler sur ce projet, 2 éléments contradictoires : espoirs et craintes. L’aspiration à des changements est importante, comme la crainte d’en être exclu.

Ce projet est le fruit d’une concertation et co-élaboration avec les habitants, il ne marque pas un commencement mais l’aboutissement d’une concertation importante.

L’habitat HLM ancien peut être perçu comme la source de la paupérisation du quartier.

Outre le fait que ce n’est pas l’habitat qui paupérise, il est certain que l’habitat HLM ancien de ce quartier répond à la demande sociale des habitants du quartier et des habitants de Gennevilliers. Cela se vérifie par le très faible taux de vacances des logements (en dessous de la moyenne d’Ile-de-France). Il ne faut donc pas détruire massivement

Notre question est : faut-il qu’il n’y est que de l’habitat ancien HLM dans un quartier ? Notre réponse est non.

Notre écoute des habitants et notre expertise en lien avec notre projet politique nous amènent à vouloir conserver cette capacité à répondre aux besoins sociaux, à ne chasser personne tout en travaillant à faire évoluer le cadre de vie et les particularités de ce quartier trop monofonctionnel.

Cela nous amène à créer les conditions de l’accueil de nouvelles populations et d’activités économiques.

Nous avons aussi un défi démocratique, qui est de construire ce projet pour et avec les habitants qui vivent ici et aujourd’hui (c’est le cas) tout en pensant à celles et ceux qui vont arriver à l’avenir. Je pense aux salariés qui viennent travailler à Gennevilliers avec les nouvelles entreprises qui s’installent conformément à nos objectifs inscrits dans le PLH. Il ne s’agit donc pas de soustraire mais d’ajouter !


Anru3Notre projet répond à des enjeux stratégiques du développement de notre territoire.
Tous les quartiers de Gennevilliers ont connu de profondes requalifications urbaines et de nouveaux quartiers émergent ou vont être créés. Je pense à l’écoquartier qui jouxte les Agnettes, au futur centre-ville, toujours à côté des Agnettes, et plus tard le nouveau quartier en face des Chanteraines. Il s’agit pour nous de mettre en œuvre le CDT, signé en février 2014 qui pointait en axe central « la requalification du quartier des Agnettes » ainsi que le projet d’aménagement et de développement durable du PLU approuvé en 2005 visant à renouveler la structure urbaine des quartiers anciens pour leur faire bénéficier de nouveaux atouts et participer ainsi à la revalorisation du territoire communal.

Nous avons un atout, c’est notre expérience en matière de politique de la ville. Je ne crois pas avoir besoin de développer, notre bilan au Luth et aux Grésillons est connu et reconnu des services de l’Etat et des partenaires. Notre expérience est vécue comme positive par les habitants.

Ainsi 83% des habitants de Gennevilliers pensent que la ville a changé en bien et que 87% sont satisfaits de vivre à Gennevilliers en 2015.


ANru4C’est un projet urbain et environnemental pour les Agnettes
Urbain dans les 2 sens du terme, parce que nous voulons « faire de la ville » et nous le ferons avec respect et courtoisie avec la population.

Il est ambitieux car le quartier sera transformé avec la réhabilitation lourde des tours des Agnettes et du bâtiment Lamour (sur laquelle nous aimerions avoir une autorisation anticipée de démarrage des travaux), la construction de 600 logements en accession diversifiée à la propriété et la reconstitution de 100 logements sociaux . Nous demandons à reconstruire une petite partie en locatif social pour que la population ne vive pas le fait que seule l’accession est neuve. Cela permet aussi d’assurer le parcours résidentiel au sein du quartier : logement social à faible loyer, neuf plus cher, accession sociale, accession privée.

« Faire de la ville » nous amène à réfléchir à requalifier les espaces publics, améliorer leurs usages collectifs et individuels, à développer les circulations douces en lien avec les espaces de vie collectifs avec une trame verte reliant le sud du quartier avec le centre-ville.


ANru6En résumé nous allons
• Densifier pour créer de la ville, permettre à de nouvelles populations de venir vivre dans ce quartier et créer ainsi les conditions économiques nécessaires pour la vie du commerce de proximité


• Diversifier pour offrir un parcours résidentiel au sein du quartier et rééquilibrer socialement en construisant essentiellement de l’accession à la propriété. Cela sera un facteur important de changement d’image du quartier, des écoles, pour se rapprocher des autres quartiers de la ville.


• Restructurer : par la création de percées dans le bâtiment Victor Hugo et permettre ainsi une ouverture du quartier sur son sud, en reconstruisant l’école Joliot Curie pour en faire une école de brassage répondant au besoin des Agnettes et de l’écoquartier. Son déplacement va redessiner les flux piétonniers dans le quartier et rapprocher ce lieu de vie du sud, plus pauvre en équipements collectifs. Le déplacement de l’école libère aussi du foncier pour construire de l’accession et redessiner une partie du quartier.


• Animer : par le passage de bus, le développement de circulation douce, la promenade équipée, la présence de commerces sur l’axe routier qui traverse le quartier entre l’écoquartier et la gare du métro, l’implantation d’activités économiques, la création d’un équipement social et culturel, le développement de l’agriculture urbaine, le soutien à la vie associative et le développement du pouvoir d’agir des citoyens avec le conseil citoyen et la Maison du projet que nous envisageons partagée avec la SGP…

Je reviens sur la question environnementale car nous demandons une labellisation Ecoquartier. A partir de notre expérience de l’écoquartier voisin, nous voulons traiter la question de la transition énergétique dans les Agnettes, avec les nouveaux habitants comme avec les anciens. Ces réhabilitations comme ces nouvelles constructions, ajoutées au réseau de chauffage urbain biomasse, doivent permettre une baisse des coûts et des consommations énergétiques, une amélioration du reste à vivre des habitants.
Le développement de jardins partagés, l’action avec l’association Agrocité que nous allons accueillir sur le quartier permettra de développer une culture du tri, du compostage collectif et individuel, de la réduction des déchets, du lien social autour des jardins partagés et de l’agriculture urbaine.

Nous avons un projet réaliste qui tient compte du fait que moins de moyens seront disponibles que ce que nous avons connu avec le PNRU et qu’il ne faut pas diminuer l’offre de logement sur la ville. Notre réalisme économique et social, dans une période d’austérité budgétaire pour les collectivités locales, notre expérience des PRU des Grésillons et du Luth nous amènent à être très attentifs à ce que notre projet pour les Agnettes remporte les conditions de sa mise en œuvre. Nous abordons donc l’ouverture du quartier sur le sud, pour pouvoir le désenclaver, pouvoir urbaniser l’arrière du bâtiment Victor Hugo par la création de 2 percées conduisant à la destruction de 90 logements. Cela s’ajoutera à la destruction hors NPNRU Les Agnettes du bâtiment 11/21 rue des Agnettes avec 104 logements.
Le Bâtiment Victor Hugo est un élément de rupture Nord Sud des Agnettes.


ANru6Deux raisons plaident pour une démolition partielle et non sa démolition totale:
1. financièrement et humainement la démolition de 568 logements n’est pas crédible d’autant qu’il a été réhabilité il n’y a pas si longtemps
2. les logements sont très spacieux et appréciés.

Et 3 raisons plaident pour une intervention significative sur ce bâtiment :
• nous avons des problèmes d’usage à l’arrière du bâtiment. La construction de logements le long de la rue apportera une animation urbaine, une occupation des lieux et des usages et une requalification des espaces.


• Cette urbanisation de l’arrière du bâtiment permettra d’améliorer la transition avec le tissu pavillonnaire en marge du quartier et une réintégration de ce morceau de quartier dans le quartier


• Le traitement des rez-de-Chaussée ainsi que les percées dans le bâtiment sont pensés pour permettre d’effacer le sentiment de marge de cette partie du quartier, de supprimer la barrière vers le sud que représente cet immeuble « barre ».

Avec le bâtiment Victor Hugo comme pour les tours des Agnettes nous avons des niveaux de loyers qui répondent aux besoins : 185 à 187 euros par mois, inférieurs à 20% des plafonds conventionnés) et un taux de vacances très faible :2,94% tours 1,5,7,9 et 5,88 tour 6.


ANru 8Les deux percées du bâtiment Victor Hugo que nous voulons réaliser, nous amènent à demander la reconstitution de 90 logements démolis (plus 10 pour les décohabitations nécessaires selon notre expérience) dans le quartier (pignon du 8 mai). Les 102 logements démolis au 11/21 seraient reconstitués sur la ZAC centre-ville.


Ce projet dispose d’un atout majeur : la création de la gare les Agnettes ligne 15 Ouest du métro Grand Paris Express qui renforcera celui de la ligne 13.
Nous avons un travail commun à organiser avec la Ville d’Asnières-sur-Seine sur l’impact de l’arrivée de la gare du Grand Paris. Une articulation nouvelle et renforcée va se créer entre Asnières-sur-Seine et Gennevilliers, l’image de l’entrée du quartier totalement modifiée, les flux piétons et de transports en commun développés. Nous avons obtenu de la SGP que le projet de gare ait deux entrées pour que la gare ne tourne pas le dos au quartier mais soit au contraire un élément d’animation de l’entrée du quartier, accueillant et favorisant une traversée piétonne ou cycliste des Agnettes pour les habitants de l’éco-quartier vers la gare.

La desserte de l’intérieur du quartier par la modification de l’itinéraire actuel de la ligne de bus 366 partant de Colombes en terminus à la Gare du RER C des Grésillons, sera un élément de désenclavement important.

La présence de 3 gares de métro à moins de 500m du quartier est un élément qui crédibilise l’implantation d’un centre d’affaires dans le quartier et la possibilité de développer de l’activité économique aujourd’hui absente.
C’est l’objet des études partagées entre les villes d’Asnières et de Gennevilliers d’identifier les impacts de ces nouvelles liaisons en terme économique, de demande d’habitat, de nouveaux services et équipements, d’intermodalités.

Nous suggérons à la SGP de ne pas créer les conditions l’accueil d’automobiles venant du Val d’Oise ou d’ailleurs sur cette gare en reportant les possibilités de stationnement à la 2e gare de la ligne 15 aux Grésillons, par la réalisation d’un parking silo. Cela d’autant que tout en favorisant les circulations douces nous cherchons à améliorer le stationnement résidentiel dans le quartier.

Un projet pour un quartier attractif
A proximité du centre-ville de Gennevilliers, aujourd’hui placé à 15 mn de St Lazare, demain à 8 mn de la Défense, , 30 mn de l’aéroport de Roissy, à quelques minutes en vélo du Port de Gennevilliers et de la zone d’activité économique en développement comprenant 43000 emplois, notre projet social, humain et urbain ne peut que réussir.

ANru9Le marché de l’immobilier est devenu attractif dans notre ville, souvent d’ailleurs parce que les prix de vente restent parmi les plus bas des Hauts-de-Seine. Les jeunes couples, les salariés ne peuvent plus acheter à Clichy, Asnières-sur-Seine, Rueil-Malmaison ou Paris et s’installent à Gennevilliers. C’est vrai dans l’écoquartier, c’est aussi vrai au cœur du quartier du Luth où l’opération de la SEMAG a été une réussite par son rythme de commercialisation.

Cette situation attractive, avec un foncier maitrisé, nous garantit une capacité à construire et commercialiser rapidement et donc à avoir une intervention forte et ramassée dans le temps pour changer le quartier.
C’est la raison pour laquelle nous pensons aussi crédible la création d’un centre d’affaires sur le quartier des Agnettes. Une offre d’immobilier d’activités destinées aux très petites entreprises et à l’économie sociale et solidaire permettra aussi d’animer le quartier par l’activité économique.

Ce quartier est aujourd’hui en difficulté par son image, sa paupérisation, sa monofonctionnalité.

Notre projet, élaboré en concertation, respectueux des habitants actuels et accueillant de nouvelles catégories sociales et de nouveaux gennevillois est un projet ambitieux, qui ajoute à sa restructuration urbaine et social l’envie d’expérimenter, de construire ici un projet politique autour du développement de l’agriculture urbaine, un nouvel art de vivre populaire au cœur de la Métropole du Grand Paris.

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