« Assises de la ville » : « des défis pour Gennevilliers »
Rencontre de lancement, Mardi 4 juillet 2017, Salle du Conseil municipal, Patrice Leclerc, propos introductif

Madame, Monsieur,

J’avais annoncé il y a deux ans notre volonté d’organiser des Assises pour Gennevilliers fin 2016. Puis la séquence électorale s’intensifiant, nous avons préféré repousser cette idée après les élections. Nous y sommes.

Nous commençons avec vous ce soir, en avant-première, car vous êtes les forces vives de notre ville, des actrices et des acteurs du quotidien. Nous vous avons réuni aussi car vous êtes des acteurs qui contribuent à l’esprit dans lequel notre ville se forge. Vous pouvez par vos réactions ce soir, votre implication, nous aider à réussir un temps fort et utile.

Pourquoi ce moment ? Nous sommes à mi-mandat, il me semble intéressant de faire un point avec la population sur la mise en œuvre de nos engagements et ce qu’il nous reste à faire.

Par ailleurs, les conditions politiques et financières pour notre collectivité ne sont plus tout à fait celles que nous imaginions lorsque nous avons rédigé notre programme :

_ Moins de recettes et le risque que cela dure,
_ Transfert à la Métropole du grand Paris de notre dynamique fiscale économique, ce qui était à la fois notre originalité mais aussi notre force,
_ Pertes ou transferts de compétences au profit du Territoire et de la Métropole,
_ Accroissement des inégalités sociales,
_ Et je ne parle pas du cafouillage politique, de l’accélération de la décomposition/recomposition qui a des conséquences sur nous et nos concitoyens.

A l’origine de mon idée d’organiser des Assises, il y avait le besoin de faire un bilan d’étape et de voir avec la population, dans les conditions politiques nouvelles, comment mettre en œuvre notre programme, comment ajouter des actions qui n’étaient pas prévues dans le programme ?

En fait, je pense que nous avons, après ces trois premières années de mandat, besoin d’aborder la suite et la manière en particulier de mettre en œuvre nos engagements dans ce nouveau contexte. Nous avons besoin d’un grand débat public sur notre projet de vivre ensemble, notre projet de ville.

Il doit être un moment où, à partir des préoccupations des gens, parfois les plus terre à terre : stationnement, insécurité, incivilité, niveau des écoles, nous fassions de la politique au sens noble du terme.

Le gros enjeu de notre ville : c’est de continuer à l’embellir, à la développer, tout en restant une ville populaire qui ne chasse personne. C’est un enjeu majeur. Nous travaillons à cet objectif, fort du mandat que nous avons reçu du programme municipal, adopté suite aux dernières élections municipales. C’est ce qui se produit dans toutes les autres villes de la métropole, ce que l’on voit à Paris et maintenant dans les Hauts de Seine : non seulement les couches populaires sont chassées mais aussi ceux qui se reconnaissent dans le vocable de couches moyennes. Je vous renvoie à une étude publiée par l’évêché de Nanterre qui fait cette constatation.

Bref ou nous sommes une ville comme les autres, ou nous avons la prétention d’inventer ici « un nouvel art de vivre populaire en métropole ». C’est un beau défi.

D’où le logo proposé pour ce que l’on appelait jusqu’ici « Assises pour Gennevilliers », nous allons les nommer « des défis pour Gennevilliers ».

Par ce débat nous devons essayer d’unifier notre ville, anciens et nouveaux habitants, couches très populaires et copropriétaires, de toutes origines et de tous âges, sur un projet de ville pas comme les autres. Une ville où l’on construit un intérêt commun.

Par exemple, les familles les plus populaires ont intérêt à ce que nous puissions poursuivre nos politiques en termes de logement social si elles ne veulent pas être chassées ou que leur enfant le soit. Elles ont intérêt que cela s’accompagne de politiques socio-éducatives ambitieuses, car c’est utile et indispensable pour leurs enfants. Je le dis souvent une personne de milieu modeste, n’a pas les mêmes droits ici qu’à Asnières, par exemple en termes de services publics, d’accès à la culture, de TAP, d’activités sportives, etc… C’est pour cela que les politiques qui visent à diluer les couches populaires, à les rendre invisibles en les étalant sur le territoire, en les chassant des villes, où elles vivent ne sont pas bonnes.

Mais contrairement, à ce que véhicule la pensée unique, les « couches moyennes » sont, elles aussi, concernées et ont besoin de ces mêmes politiques. Les actions proposées pour leurs enfants, notamment dans le domaine culturel sont une source d’enrichissements qui profitent à leurs enfants de la même manière, et même d’une manière renforcée. Celles et ceux qui achètent à Gennevilliers, le font, le plus souvent, parce qu’ils ne peuvent pas le faire dans leur ville d’origine, à Clichy, Asnières, Paris, Colombes… Souhaitent-ils que leurs propres enfants soient à leur tour chassés plus loin à cause de la spéculation immobilière et le manque de logements sociaux ? Non je ne le crois pas.

Il y a là une convergence d’intérêts à construire.

Nous n’avons rien à inventer : notre projet est de construire ce que nous mettions dans notre programme « Une ville populaire, ambitieuse et humaine ».

Il faudrait que les personnes qui viennent habiter à Gennevilliers, celles qui restent, le fassent parce que c’est une ville populaire et qui veut le rester, parce que nous développons un nouvel art de vivre populaire, bref pour un projet de vie, de ville, et de société.

Ainsi je vois cinq défis pour notre ville qui constituent autant de domaines recoupant les préoccupations quotidiennes des habitants, et qui nous permettront de les traiter concrètement.

Ces cinq défis pourraient être plus approfondis, je n’ai pas eu assez de temps pour le faire, mais l’important, c’est d’en retenir l’esprit :

_ Rester une ville populaire au cœur du grand Paris en n’excluant personne (urbanismes, logements sociaux, politique sociale),
_ Faire diminuer significativement la discrimination à l'embauche,
_ L’épanouissement des enfants. Permettre à 100% des enfants de disposer d’un rapport au monde de la culture et de la création (politique socio-éducatives),
_ Développer un nouvel art de vivre populaire au cœur de la métropole (agriculture urbaine, mobilité douce, slow attitude…),
_ Une ville qui respecte ses habitants et se fait respecter (accueil des usagers, sécurité prévention, vivre ensemble, respect de la liberté religieuse et de la liberté de ne pas croire, droit à la tranquillité…).

Sur chacun de ces défis nous pouvons approfondir le débat public, avoir des idées nouvelles, construire des propositions, associer des personnes intéressées.

Nous avons pris une agence (par appel d’offre), La Suite Dans les Idées, pour nous aider dans ce processus démocratique et surtout pour essayer de faire participer celles et ceux qui n’ont pas l’habitude de participer. Elle constitue une aide méthodologique, une aide pour nous pousser à sortir de nos sentiers battus et habituels, une aide pour avoir un très large débat. Pascal Nicolle, connait bien notre ville, il nous avait accompagnés pour les Assises de la réussite en 2009 et pour la réunion de tous les demandeurs de logement en 2015.

Je vais lui laisser la parole pour qu’il anime notre soirée.


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