L’Etat, par l’intermédiaire de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi (DIRECCTE), a unilatéralement baissé ses subventions aux missions locales de Nanterre (-40 000 €), de Colombes (-36 000 €) et de Gennevilliers (-32 000 €).

Patrick Jarry, maire de Nanterre, Nicole Goueta, maire de Colombes, et Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, s’élèvent contre cette mesure, alors même que les missions locales remplissent un rôle essentiel dans l’insertion des jeunes en difficultés sortis du système scolaire.


Cette décision, concomitante à la remise au Premier ministre du rapport Borloo qui entend réinvestir les quartiers politique de la ville, est en contradiction avec la volonté affichée par le gouvernement de faire de l’emploi des jeunes des quartiers populaires une priorité.
Bien plutôt, elle montre que le gouvernement réserve en priorité les crédits consacrés à l’emploi et à l’insertion aux territoires les moins en difficulté, au détriment des villes les plus populaires, et ce aux seules fins d’améliorer les résultats affichés de sa politique. Car cette baisse est la conséquence d’une modification des modalités de financement des missions locales, une modification qui profite aux villes les plus favorisées, avec la réduction de la part du contexte socio-économique local dans ce financement au profit de la performance des missions locales.


Ainsi, cette année dans les Hauts-de-Seine, seule la mission locale du territoire Rives Seine (Courbevoie, Puteaux, Neuilly, Levallois, Bois-Colombes, la Garenne-Colombes) bénéficiera d’un bonus lié à ses performances en 2017 et d’une augmentation de près de 9% de ses crédits, alors même qu’elle ne couvre aucun quartier classé prioritaire au titre de la politique de la ville. A l’opposé, les missions locales de Nanterre (33% du territoire en QPV), Colombes (19% du territoire en QPV) et Gennevilliers (35% du territoire en QPV) verront leurs financements baisser.


Une telle « carabistouille », pour reprendre les termes du Président de la République, ne saurait constituer une politique de l’emploi responsable et cohérente en direction des quartiers populaires.


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