Conseil municipal du mercredi 06 février 2019 

Suite au mouvement des gilets jaunes, un collectif d’enseignants est né sur Facebook en décembre appelé « les stylos rouges ». Leur but est de travailler ensemble afin que leurs revendications soient entendues par le gouvernement pour améliorer leurs conditions de travail mais aussi pour améliorer l’institution que représente l’école.

A ce jour, 65 000 enseignants se sont mobilisés. Ils ont travaillé à l’écriture d’un manifeste qui porte sur trois grands domaines.

La revalorisation du métier d’enseignant
La valeur du métier d’enseignant n’est plus reconnue, ce métier n’est plus attractif. Pour les stylos rouges, la reconnaissance passe entre autres par le salaire. Ils demandent le dégel immédiat du point d'indice, l’indexation de leur salaire sur l'inflation. L’augmentation des traitements (salaires) à la hauteur de la fonction occupée, le rattrapage du pouvoir d'achat perdu et la reconnaissance du travail invisible Il faut savoir qu’un enseignant en début de carrière, avec un niveau d’étude à BAC+5, perçoit un salaire de 1450 €. La France est en 12ème place du classement européen.

La bienveillance de l’Etat pour ses élèves
L’école se détériore de jour en jour et il est donc nécessaire d’améliorer les conditions d’apprentissage :
- En limitant le nombre d’élèves par classe suivant le niveau
- En stoppant la suppression de postes
- En donnant véritablement plus de moyens pour les élèves à besoins particuliers, car ils sont de plus en plus nombreux
- En stoppant les reformes du secondaire pour ouvrir enfin une concertation nationale
- En améliorant la formation qui passe par un savoir-faire

La reconnaissance de la qualité de la fonction d’enseignant et de son travail.
Il est temps que l’Etat prenne soin de ses enseignants. Il est temps de retrouver le respect des élèves et de leurs parents.

Il est faux de penser que le temps de travail correspond dans le premier degré aux 24 heures devant les élèves et 18 heures dans le secondaire. Les enquêtes montrent qu’en englobant les heures de concertation, de préparation et autres, la moyenne hebdomadaire d’un enseignant est de 45h. En rapportant ce temps hebdomadaire à l’année scolaire de 36 semaines, on arrive à 1 612 heures annuelles. Si l’on rajoute des temps non-mesurés par l’enquête (préparation pendant les vacances, moments de prérentrée et journée de solidarité), on dépasse donc les 1 607h, durée annuelle du travail d’un fonctionnaire. Dans le secondaire, on pourrait faire la même démonstration.

Outre ces emplois du temps surchargés, les enseignants n’ont pas de médecine du travail, pas de comité d’entreprise, pas de prise en charge partielle de leur cotisation de mutuelle par leur employeur. Malgré les règles établies, les enseignants ont une mobilité réduite voire impossible durant leur carrière. Enfin, l’embauche d’enseignants contractuels fragilise et précarise la profession.

Les revendications sont nombreuses, révélatrices d’un système qui va mal depuis plusieurs décennies. La société évolue et la transformation de l’école est indispensable. Nous devons entendre les revendications des stylos rouges et demander une véritable révolution du système scolaire passant par une réelle reconnaissance des enseignants, et une réflexion concrète sur la formation.

L’école est l’une des plus belles institutions que l’humanité ait inventée. Destinée à « élever » la génération qui vient, elle fait l’objet de tous les espoirs et toutes les exigences. Elle doit former des citoyens éclairés, des adultes épanouis, des humains solidaires, des professionnels adaptés au monde qui vient. Il y a urgence.

Le Conseil Municipal demande au Ministre de l’Education nationale de prendre en considération les revendications des Stylos rouges, en recevant une délégation d’enseignants et de représentants syndicaux pour répondre à l’amélioration de leurs conditions de travail, notamment avec le dégel du point d’indice ; et en mettant en place une réelle consultation des enseignants sur la réforme de l’école et du lycée.


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