Conseil municipal du mercredi 25 septembre 2019

A l’heure où se tient ce conseil municipal, plus de 100 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

Fin 2018, un rapport intitulé « Où est l’argent de la lutte contre les violences faites aux femmes ? », élaboré par le CESE, le HCEfh et des associations féministes indique que 500 millions d’euros seraient nécessaires chaque année pour accompagner les femmes victimes de violences conjugales, et que seuls 79 millions d’euros de financements publics y sont réellement consacrés. A titre de comparaison, l’Espagne dépense 200 millions d’euros par an pour accompagner les femmes victimes.

Une fois cela posé, il est important de bien garder en ligne de mire que ce qui doit être combattu, c’est la violence sexiste, dont le féminicide est l’avatar irréversible, mais qui se décline sous plusieurs formes allant de l’inégalité économique aux agressions verbales ou physique, du harcèlement aux assignations genrées, et ce dès le plus jeune âge.

 

Pour cela, il ne suffit pas de proposer, comme Madame Schiappa ou Madame Belloubet, des solutions court-termistes comme le bracelet électronique pour les agresseurs ou les hébergements d’urgence, qui se veulent curatives et non préventives.

En effet, il est nécessaire de traiter la question de l’égalité comme une question de survie pour les femmes : une grande majorité de victimes de violences sont isolées dans leur situation par une société émaillée de manifestations normalisées du patriarcat.

En effet, les statistiques montrent que les injonctions liées à la vie en couple hétérosexuel impacte directement la capacité des femmes à vivre de manière indépendante : encouragées à gagner moins que leur conjoint, elles sont orientées dans les filières moins rémunératrices et quand viennent les enfants, ce sont les femmes qui interrompent leur carrière et leurs occupations sociales pour organiser la vie du foyer, dans une écrasante majorité des cas.
Et ainsi, quand viennent les violences, les femmes ne peuvent pas forcément partir : isolées socialement, sans revenus suffisants pour changer de logement, elles sont maintenues dans une situation de violences qui perdure. En outre, il ressort de l’étude des cas de féminicides que le facteur déclenchant est le projet de rupture ou la rupture effective, aussi est-il nécessaire de travailler sur la capacité matérielle des femmes à vivre de manière indépendante autant que sur les représentations d’une société qui laisse croire aux hommes qu’une femme peut leur appartenir.

Considérant que la sensibilisation et l’évolution de la société tout entière vers un modèle d’égalité est le meilleur moyen de prévenir les violences faites aux femmes,
Considérant que les féminicides sont l’ultime palier du continuum des violences, qui peut être stoppé bien en amont,

Considérant qu’aujourd’hui, les moyens alloués au logement, à l’Education Nationale, à la Justice et aux associations spécialisées dans la prévention et l’accompagnement des femmes et enfants victimes de violences sexistes, ainsi que dans la promotion des droits des femmes, sont largement en deçà des besoins réels,

Le conseil municipal demande à l’Etat d’augmenter les moyens dédiés à la prévention des violences sexistes, mais également de prendre en compte de manière transversale dans ses politiques publiques la question de l’égalité entre les Femmes et les Hommes. Pour cela, l’Etat peut :

- Augmenter le budget des parcours de sortie des femmes victimes de violences conjugales à hauteur de 500 millions d’euros par an,
- Rendre publiques les données financières relatives à la lutte contre les violences faites aux femmes et à la promotion de l’égalité, qu’il s’agisse du budget de l’Etat ou des collectivités territoriales,
- Financer l’action des associations qui œuvrent pour les droits des femmes et la lutte contre les violences sexistes et conjugales.

 

 


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