-Quel est le sens de ta candidature pour ces élections ?
Deux points essentiels m’ont amené à m’engager.
Le premier c’est que j’ai de multiples expériences dans le monde économique J’ai côtoyé le secteur privé, semi-public et le secteur de la politique de la ville. A partir de ces expériences, je me suis forgé des avis sur ce qu’il faut faire, ne faut pas faire.
Je pense que les élections sont un temps important pour exprimer un projet de société. Certes cela ne résout pas tout. Mais quand même. Par exemple, je dis qu’il faut réinjecter du collectif. Après la Seconde-Guerre, on a développé un système solidaire de sécurité sociale, de retraites. La sécurité sociale, telle qu’on l’a mise en place a permis à tous de bénéficier d’un système de soins de qualité. Or ces systèmes solidaires sont aujourd’hui en danger.
Tout est aujourd’hui, individualisé. Certains essaient de faire croire aux gens qu’ils peuvent s’en sortir seul et que c’est de leur faute s’ils n’y arrivent pas. C’est notamment pas mal le cas pour les chômeurs. On a tendance à leur dire que c’est de leur faute s’ils ne trouvent pas d’emploi. Or moi, je suis attaché aux principes de solidarité, de collectif.
L’autre raison de mon engagement, c’est que je me suis senti humilié dans mes identités par l’esquisse de débat sur l’identité nationale. Ce qui a été fait avec cette question de l’identité nationale a été tout simplement criminel. Cela a été une mise en danger de la cohésion nationale.
On a dit tout et n’importe quoi à ce sujet, on a opposé les uns aux autres. On a ouvert une boîte de
Pandore. Mais cette humiliation ne m’a pas empêché de relever la tête pour donner d’autres perspectives.
-Pourquoi ton engagement sur la Liste « Tous Ensemble, la Gauche vraiment » ?
Parce que je me retrouve au travers de nombre des propositions de cette liste. Si je pense à la question du logement, on ne va pas attendre que les promoteurs disent qu’ils vont faire du logement social. Nous devons pousser pour que cela soit un axe fort de la politique de l’Etat.
En matière de transports, il faut mettre le paquet sur les transports en commun car on est dans une crise écologique. Et on ne s’en relèvera pas si on ne diminue pas la part de l’automobile en ville.
Mais c’est aussi une question de démocratie. Comment permet-on à ceux qui habitent en grande banlieue de se déplacer plus rapidement et plus facilement sans qu’ils ne soient obligés d’utiliser leur voiture. A ce titre, je me bats aussi pour une zone tarifaire unique. On ne peut avoir des centres-villes peuplés uniquement de ceux qui ont le plus de moyens financiers.
Je suis aussi un opposant au projet de Grand Paris de Christian Blanc qui n’est absolument pas en lien avec les besoins des habitants et des salariés de cette région et qui ne répond pas aux enjeux du 21e siècle. Au lieu de consacrer les pôles de compétitivité, il faut à l’inverse rapprocher les zones d’emplois des zones d’habitations.
-Comment trouves-tu cette campagne ?
Il y a un gros manque d’information sur les enjeux réels de cette élection, à travers les médias notamment.
Il y a encore des gens qui découvrent qu’il y a des élections ce dimanche. Et on ne peut pas dire que le Ministère de l’intérieur se bouge énormément pour faire connaître l’intérêt de cette élection.
J’ai une crainte sur le taux de participation qui risque de profiter à la droite.
En même temps, les gens sont perdus. J’en entends qui disent que gauche et droite c’est pareil. C’est souvent compliqué de leur expliquer en quelques secondes avec les bons arguments parce que beaucoup ne sentent plus dans les outils politiques ce qui va permettre de changer leur vie. Et ça c’est un des enjeux : comment fait-on pour que la politique change la vie des gens.


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