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un article du Parisien signé Christine Henry et Claire Guédon - mercredi 19 mars 2008
LES ATTAQUES en règle des époux Balkany contre Patrick Devedjian, patron sortant du conseil général, ont laissé place à une brusque quiétude. Hier soir, seule sa candidature à la présidence des Hauts-de-Seine a été déposée au sein du groupe de la majorité. Aujourd'hui, ses membres se réunissent pour voter à bulletin secret et s'expliquer.
Après avoir essuyé un feu nourri de critiques entre les deux tours, Patrick Devedjian devrait être réélu demain* sans opposition à la tête du département.
Retour sur une semaine agitée où les manipulations opérées en coulisse et les déclarations à l'emporte-pièce ont fait penser à une tentative de putsch au conseil général. Certains ont même affirmé qu'Isabelle Balkany, aidée par les pasquaiens, avaient mené une campagne souterraine auprès de la gauche pour renverser Devedjian. « Ma loyauté pour mon camp n'a jamais failli », dément-elle.
Isabelle Balkany : « Je n'ai jamais été candidate »
C'est en fait le président de la République qui a joué dimanche les juges de paix, en recevant à l'Elysée Isabelle Balkany, vice-présidente UMP déléguée aux affaires scolaires, mais aussi Alain-Bernard Boulanger, premier vice-président (DVD) et maire de Villeneuve-la-Garenne. L'objectif était de ressouder la majorité départementale derrière son président sortant. Le lendemain, c'est Patrick Devedjian qui était à l'Elysée. Le même jour, Isabelle Balkany levait le doute. « Je n'ai jamais eu l'intention d'être candidate à la présidence du conseil général, affirme-t-elle désormais. C'est Alain-Bernard Boulanger qui devait l'être. Il a une fibre sociale et il est consensuel. Il y a renoncé quand il a compris que Nicolas Sarkozy ne prendrait aucune décision concernant Patrick Devedjian. »
Cette version, l'intéressé la conteste : « Je n'ai jamais été candidat. Pour participer à un putsch, il faut y être associé. Certains ont vu en moi une alternative et j'ai décliné les offres. » Pourtant, Boulanger était apparu inquiet ces derniers mois. Fier des centaines de millions investis dans sa ville (l'une des plus pauvres du département), il redoutait la politique d'économies annoncée à l'automne par Devedjian. Une inquiétude toujours partagée par les maires PS et PC, qui ont bénéficié jusqu'à présent des largesses du conseil général.
De là à s'imaginer que l'opposition elle-même ait rêvé un temps de voir Isabelle Balkany candidate... Il n'y a qu'un pas que la gauche refuse de franchir. « On ne veut pas choisir entre la droite libérale de Devedjian et la droite populiste de Balkany, réplique le conseiller général PC, Patrice Leclerc. On devrait présenter notre propre candidat. » A droite, on n'oublie pas non plus la prochaine échéance électorale. Les cantonales, qui se dérouleront dans deux ans, s'annoncent difficiles, notamment sur le canton de Levallois-Clichy, celui... qu'Isabelle Balkany a enlevé à la gauche en 2004. Certains craignent que le changement de politique amorcé par Devedjian désoriente l'électorat populaire que la droite avait réussi à capter à l'époque de Pasqua puis de Sarkozy.
* Le conseil général, qui accueille sept nouveaux arrivants, se réunit demain à 10 heures pour réélire le président du département.
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