Le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 entérine une coupe de 803 millions d’euros dans la mission « aide publique au développement » (APD). En moins de deux ans, la mission APD, qui ne représente pourtant que 0,45 % du budget de l’État, a subi cinq coupes consécutives, et ses moyens ont été réduits de 40 %.
L’APD consiste à lutter contre les inégalités mondiales et à investir dans l’avenir pour les biens publics mondiaux (climat, biodiversité, santé mondiale, éducation) afin de lutter contre les causes profondes des crises.
Les crédits de la mission APD passent ainsi de 4,373 milliards d’euros dans la loi de finances pour 2025 à 3,569 milliards d’euros (-18 %) en 2026. En outre, ce budget confirme l’abandon des financements innovants de l’APD par la France depuis 2025. À titre d’illustration, 800 millions d’euros pourraient permettre au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme d’éviter 860 000 décès.
Le PLF 2026 entérine également une baisse sans précédent de l’aide humanitaire. Pourtant, dans sa stratégie humanitaire 2023-2027, la France s’était engagée à consacrer 1 milliard d’euros par an à cette action d’ici 2025. Elle semblait sur la bonne voie, avec 895 millions d’euros alloués en 2024, mais le gouvernement a depuis opéré une réduction drastique de 67 % de cette enveloppe. Le PLF 2026 ne prévoit ainsi plus que 294 millions d’euros, soit 206 millions de moins qu’en 2025 (-41,2 %).
Dans le détail, le Fonds d’urgence humanitaire et de stabilisation recule de 26 millions d’euros, l’aide alimentaire programmée subit une coupe de plus de 60 % (-80 millions d’euros), et les contributions volontaires humanitaires aux Nations unies chutent des deux tiers, passant de 150 à 50 millions d’euros.
Le soutien aux ONG enregistre aussi une baisse marquée.
La fin des financements innovants du développement
Outre les coupes opérées via les lois de finances et les décrets, la loi de finances pour 2025 a mis fin aux financements innovants de l’APD par la France. Une partie (738 millions d’euros) des recettes de la taxe sur les transactions financières et de la taxe de solidarité sur les billets d’avion était jusque-là affectée chaque année au Fonds de solidarité pour le développement (FSD), afin de soutenir le financement par la France d’instruments multilatéraux (Fonds mondial, Gavi, Unitaid, Fonds vert pour le climat, Partenariat mondial pour l’éducation).
La loi de finances pour 2025 a officialisé la suppression du FSD : l’ensemble du produit de ces deux taxes alimente désormais le budget général, abrogeant ainsi le seul instrument qui soutenait directement l’APD de manière pérenne chaque année. Le FSD est remplacé par une nouvelle ligne budgétaire du même nom, qui ajoute 738 millions d’euros de crédits de paiement à la mission APD depuis 2025, limitant artificiellement la baisse des crédits.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’un an après la suspension des financements américains décidés par Trump le secteur humanitaire est en crise.
Dans un monde plus que jamais instable marqué par une multiplication des conflits touchant de plein fouet les populations civiles, les élus du conseil municipal de Gennevilliers demandent au président de la République :
- d’arrêter l’acharnement budgétaire contre l’aide publique au développement, qui sauve des vies dans le monde entier
- de redonner aux ONG les moyens d’agir en augmentant les crédits alloués pour la solidarité à l’égard des pays en développement ;
- de réinstaurer la contribution directe des taxes solidaires sur les transactions financières et les billets d’avion afin de dégager de nouvelles ressources.


