La dette du Capital: Covid, incendies, canicules, mal vie, guerres, dominations

Patrice Leclerc
communiste Gauche Actualités générales

Dans cette période d’incendies, nous applaudissons les pompiers, comme nous avons applaudis les infirmièr-es, les médecins, les auxiliaires de vie, les emplois essentiels pendant la crise internationale de la COVID. Les épisodes de canicules auront tué en 2 ou 3 mois en France, autant que la pollution de l’air en région parisienne. La sécheresse accélère la fragilité du vivant.

Bref, la nature se rebelle contre le capitalisme prédateur, contre la loi de l’argent qui la détruit. Elle le fait plus fortement que le mouvement ouvrier du XIXe et XXe siècle a été capable de s’attaquer au capitalisme. La Covid a stoppé l’appareil productif à l’échelle internationale.

Le capitalocène commence à être démasqué par la violence du changement climatique perçue par nos corps et cela partout dans le monde. Allons-nous, comme après la COVID, faire comme si c’était un mauvais moment à passer, comme si la survie de nos petits enfants n’était pas posée!

Jeudi 23 juillet 2026, le gouvernement communiquait sur le thème « Comment gérer l’éco-anxiété ? » quand la question posée devrait être devant l’ampleur du changement climatique : comment changer de système de production, de mode de vie, de système économique. Les différents gouvernements Macron ne sont pas à la hauteur du défi politique, pas plus que les autres dirigeants politiques dans le monde, soumis à une bourgeoisie qui plonge tout « dans les eaux glacées du calcul égoïste ». Un grand capital qui fait appel à l’extrême droite, à l’autoritarisme, partout sur la planète pour continuer à imposer sa loi de l’argent.

La dette du budget de la France est celle du capital

Une dette de qui? Des salariés, des retraité-es, des chômeurs ? Non une dette du capital avec un CAC40 qui connait comme jamais des surprofits sur le dos de la casse des services publics, des cadeaux au patronat (211 milliards), des précaires et salarié-es qui créent la richesse, sur le dos de la nature surexploitée par un système productiviste. Le capitalisme qui a une dette aujourd’hui et pour les générations futures, une dette aujourd’hui en volant la richesse créée par les salarié-es, en créant des bulles spéculatives (immobiliers, startup, IA, finances) dans sa course effrénée d’accumulation du capital. Une dette demain par le réchauffement climatique qu’il génère et qui fera disparaitre l’espèce humaine, nos petits-enfants

Pas d’autre issue que de changer le système

Mais sachons quel système on veut changer. Car face à la colère, l’angoisse, la conscience que « ça ne peut plus durer comme ça », les antisystèmes de salon fleurissent partout: le RN se dit antisystème, même le bébé Macron Gabriel Attal déclare en aout 2026 « Il faut assumer de changer le système ». Mais ils ne parlent pas du système économique, du capitalisme, car à chaque fois qu’il faut offrir des cadeaux au patronat, ils sont là. Ils s’attaquent au système de protection sociale, aux droits des salariés, jamais au capital.

C’est au système capitaliste qu’il faut s’attaquer avant qu’il détruise l’humanité en accélérant le réchauffement climatique ou par la guerre dans sa course effrénée de profits. Il faut changer les modes et rapports de production, en finir avec le productivisme, sortir de l’agrobusiness, être plus économes en ressources, troquer le consumérisme pour la recherche du bonheur, tout démarchandiser pour retrouver des valeurs d’usage utile pour notre bien-être, développer la démocratie pour lutter contre toutes les dominations, etc… Retrouvons l’étoffe de nos rêves.

Refuser la guerre, rassembler contre l’extrême droite

Le capital joue la carte de la guerre et de l’extrême droite pour continuer à dominer le peuple français et les peuples du monde.

En 2025, le général Mandon, chef d’état-major des armées, déclarait « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants (…) » Et bien non, nous ne voulons pas sacrifier nos enfants, ni en en faisant rien contre la crise climatique, ni en les envoyant à la guerre. Quand on nous parle de supprimer des services publics, diminuer des retraites, diminuer le budget des communes pour financer la dette et que dans le même temps le gouvernement propose un budget militaire augmenté en 2027 de 13,6 milliards en 2 ans, pour atteindre 64 milliards, c’est inacceptable !

Le budget 2027 doit arrêter les cadeaux au patronat, rediriger les crédits pour ne pas aggraver notre dette écologique. Il faut investir pour à la fois nous adapter et atténuer le réchauffement climatique.  Le budget 2027 doit faire payer sa dette aux capitalistes: lutte contre l’évasion fiscale, contribution accrue des grands patrimoines et des profits, etc.

C’est dès maintenant qu’il faut créer les conditions d’un changement politique qui répondent aux enjeux de la période. Il n’y a pas d’autre solution pour mettre en échec l’extrême droite dans sa volonté de conquête du pouvoir d’État que de travailler à l’union et le rassemblement à gauche pour gagner les prochaines élections. Cela pose l’enjeu d’une activité en proximité pour structurer des comités antifascistes, des comités de nouveau front populaire qui mènent la lutte idéologique, contribuent à l’action concrète permettant de créer une dynamique populaire avant pendant et après les élections.

Des comités locaux

Le combat antifasciste nécessite de refuser l’idée des deux gauches irréconciliables, car la gauche ne gagnera pas contre les fascistes en se divisant, ni en étant toute seule. Il faut faire en sorte que les sociaux libéraux, les sociaux-démocrates, voire le centre droit se disent que s’il y a un candidat de gauche qui est au deuxième tour, il faudra voter pour lui face au danger d’extrême droite. Il ne faut pas laisser la place à une hésitation qui laisserait gagner ceux qui comme hier ont « préféré Hitler au Front Populaire » car si nous ne sommes pas en 1933, les enjeux face à l’autoritarisme, à la haine de l’autre, au risque de guerre et à la crise climatique n’en sont pas moins important. Jamais comme aujourd’hui nous n’avons pu percevoir que sans changement de système économique, dépassement du capitalisme, c’est la fin de l’humanité.

Il faut enfin apprendre de nos échecs pour gagner. Le débat public conflictuel entre communistes, écologistes, anarchistes, insoumis, socialiste, d’autres encore, dans le mouvement social et civique est indispensable pour travailler à construire ensemble une alternative politique durable. C’est difficile parce que le libéralisme a gagné en imposant la dépolitisation, mais on ne s’en sortira pas sans un travail de repolitisation. C’est à la repolitisation du peuple de France que nous devons consacrer nos forces avec des comités locaux, des débats et actions nationales.

Patrice Leclerc

8 août 2026