Intervention de Patrice Leclerc budget 2026 de la Métropole. séance du 29 avril 2026
Monsieur le Président,
Mes cher.e.s collègues,
Il y a quelques semaines au moment de la discussion sur le ROB je me posais la question est ce notre dernière discussion budgétaire ?
Et ce pour deux raisons essentielles.
La première est la volonté du 1er Ministre, déjà affirmée en octobre dernier, d’aller vers une réforme territoriale d’ampleur.
Un énième rapport sur l’avenir de la Métropole du grand Paris a été demandé au préfet de Région.
Commande passée le 3 mars, information des élu.e.s concerné.e.s début avril, remise du rapport le 15 avril.
Cette précipitation marque une nouvelle fois le mépris du gouvernement pour les élu.e.s locaux.
De plus des 5 scénarios retenus par l’association des maires d’île de France, il n’en reste plus que deux….
Je fais bref, soit la disparition de la Métropole, soit la disparition des territoires. Un pile ou face qui empêche une approche minutieuse d’une réalité complexe.
Donc nous sommes suspendus au calendrier parlementaire qui décidera de notre sort dans la précipitation et l’impréparation.
Cette version là c’est la mort rapide. Méfions-nous d’un gouvernement qui pourrait s’empresser de supprimer la Métropole pour récupérer quelques centaines de millions à son profit sur les AC au détriment des communes.
Mais il y a une autre manière de tuer la Métropole, c’est la mort lente, celle de l’asphyxie budgétaire. Moins visible mais tout aussi efficace.
D’année en année nos moyens diminuent. La dotation générale de fonctionnement déjà largement sous-dimensionnée par rapport aux autres métropoles françaises, est à nouveau amputé de 34 millions d’euros. Les recettes liées à la TVA plongent de 40 millions.
La solution l’Etat l’a trouvée à notre place, obliger la Métropole à renoncer à notre rôle d’amortisseur pour les communes ou du moins ne pas les compenser à l’euro l’euro.
Je le redis ici, Monsieur le Président, vous n’avez jamais laissé tomber les communes, mais combien de temps encore pourrons nous aider à l’équilibre des budgets communaux si nous n’avons plus assez de recettes.
Si le gouvernement va au bout de sa démarche, dans le seul but de faire des économies, c’est pour mettre un coin dans la nécessaire solidarité métropolitaine à l’égard des collectivités.
Détourner la colère des Maires vers la Métropole, alors que c’est le gouvernement qui change sans cesse les règles du jeu budgétaire en cours de partie.
Pour maintenir un volet investissement de 152 millions d’euros, pour maintenir les différents fonds, FIM, Fonds d’équipements structurants, fonds énergie, plan vélo, centres villes vivants, nous devons affecter le résultat intégral de l’exercice précédent soit 48 millions d’euros, nous devons aussi avoir recours à l’emprunt pour 50 millions d’euros 34 étant dédiés à la GEMAPI.
L’augmentation de la taxe GEMAPI reste raisonnable et nous sommes très loin des montants appliqués par les autres métropoles.
Nous soutenons l’augmentation de la TASCOM de 0,2% car elle ne concerne que les grandes surfaces commerciales. Défendant ainsi le commerce de proximité, comme nous le faisons avec la foncière des centres villes vivants.
On aurait peut-être même pu aller un peu plus loin. 9 à 12 millions par an c’est beaucoup pour le budget métropolitain, c’est une goutte d’eau pour celui des grandes surfaces.
Oui nous voterons ce budget, parce qu’il est dans la droite ligne de votre engagement d’aider les communes. Parce qu’il ne répercute pas sur les budgets communaux, la baisse de recettes à laquelle nous sommes confrontés.
Je voulais aussi préciser que même si nous n’avons pas la même vision de l’avenir de la Métropole, nous ne laisserons pas casser l’outil fusse t’il imparfait par une vision technocratique éloignée du terrain, des élus et de la population.
Nous savons tous que le rêve de ce gouvernement est d’avoir des collectivités locales courroies de transmission de ses politiques.
Je disais que leur modèle était Napoléon 3. Je crains malheureusement que ce gouvernement si déconnecté des réalités, ne fasse sur la réforme territoriale un énième monstre bureaucratique, échouant sur ce sujet comme sur tant d’autres.



